Article sur Le stress

I-Définition et historique

Le stress est, en biologie, l’ensemble des réponses d’un organisme soumis à des pressions ou contraintes de la part de son environnement. Ces réponses dépendent toujours de la perception qu’a l’individu des pressions qu’il ressent. Selon la définition médicale, il s’agit d’une séquence complexe d’événements provoquant des réponses physiologiques, psychosomatiques. Par extension tous ces événements sont également qualifiés de stress. Dans le langage courant, on parle de stress positif ou négatif. Le stress est différent de l’anxiété, celle-ci est une émotion alors que le stress est un mécanisme de réponse pouvant amener différentes émotions, dont l’anxiété.

Définition Wikipedia.org

Au cours du XXe siècle, les travaux de l’endocrinologue canadien d’origine autrichienne Hans Selye (1907 – 1982) ont permis de comprendre les mécanismes biologiques du stress.

Hans SelveStress est un mot anglais issu de l’ancien français destresse, qui vient lui-même du

latin stringere : « rendre raide », « serrer », « presser ». Au XVIIème siècle, en Angleterre, il signifie un état de détresse dû à la pauvreté. Il est ensuite repris par Hans Selye, il le définit comme une réponse non spécifique de l’organisme à des situations ou des événements perçus comme exerçant une demande ou une agression. Il appelait le bon stress « eustress » et le mauvais « distress ».

Il décrit le syndrome réactionnel endocrinien comportant trois phases consécutives :

la « phase d’alarme », la « phase de réaction », la « phase d’épuisement ».

Il démontre que les agents stressants peuvent produire «une maladie d’adaptation», telle que des ulcères gastro-intestinaux, de l’hypertension et des crises cardiaques. Il appelle cela « le syndrome d’adaptation ».

Henri Laborit Le biologiste français Henri Laborit (1914 – 1995) également docteur en médecine, interne des hôpitaux, chirurgien, maître de recherche du service de santé des armées, s’est intéressé à toutes les sciences du monde vivant : biochimie, biologie moléculaire, neurobiologie, endocrinologie, écologie, économie, philosophie.

Il a étudié ce qui se passe quand une personne ne peut ni dominer une situation, ni la fuir: ce qu’il a appelé l’« inhibition de l’action ». Cette « paralysie situationnelle » perturbe son équilibre naturel et conduit à des désordres neuro-psycho-immulogiques.

La preuve est faite aujourd’hui qu’il existe des interrelations entre macrophages, hormones et neuromédiateurs. Les trois réseaux qui assurent l’homéostasie du corps (système nerveux, immunitaire et hormonal) convergent et s’interpénètrent. “Tous les malheurs de l’Homme viendraient des radicaux libres. […] Or, nous produisons des radicaux libres lorsque nous sommes en état d’inhibition de l’action.” Henri Laborit.

Les réactions de stress sont normales et utiles. Le niveau de performance au moment d’une tâche est meilleur lorsqu’il y a une certaine dose de stress (concours, examens, compétitions…).

Quand les symptômes provoqués par les réactions de stress sont intenses au point de nuire temporairement au rythme biologique basal on parle de stress aigu. Ce problème peut se manifester après un événement traumatisant (la mort d’un proche, un accident, une perte financière, etc.) ou dans l’expectative d’un événement très déstabilisant. Par définition, les

malaises aigus sont temporaires, mais ils peuvent se répéter à une certaine fréquence.

Le stress chronique est un état permanent. On en connaît plusieurs causes :

personnes fragiles – situation difficile et persistante que la personne ne peut ni solutionner, ni fuir -accumulation de situations stressantes.

Selon l’agence européenne pour la sécurité et la santé au travail, le stress est ressenti lorsqu’un déséquilibre est perçu entre ce qui est exigé de la personne et les ressources dont elle dispose pour répondre à ces exigences. Bien que le stress soit perçu psychologiquement, il porte également atteinte à la santé physique.

Le stress à court terme, engendré par exemple par l’obligation de respecter un délai, ne constitue pas un problème en soi, il peut en effet stimuler chacun à donner le meilleur de soi-même. Le stress devient un risque pour la santé et la sécurité lorsqu’il est éprouvé dans la durée.

Les trois composantes du stress.

L’agent stressant défini comme un stimulus d’ordre physique, mental, social ou émotionnel

Les réactions physiologiques à l’agent stressant

La perception psychologique de chacun à l’agent stressant qui conditionne l’ampleur de la réaction physiologique. 

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II-Les réactions physiologiques à l’agent stressant

Tout part de l’hypothalamus:

  • une double action immédiate, neurovégétative en stimulant le système nerveux autonome et inflammatoire en sécrétant des cytokines pro-inflammatoire,
  • une action retardée, endocrinienne, en stimulant l’hypophyse

1)-LA PHASE D’ALARME

est une réaction d’urgence à court terme avec mise en jeu immédiate des moyens de défenses.

Maheus FS, Lupien SJ

L’hypothalamus active le système nerveux autonome sympathique, qui stimule les glandes médullo-surrénales. Ces dernières déclenchent alors la sécrétion d’adrénaline (80%) et de noradrénaline (20%), qui permettent de mobiliser rapidement glucose et d’oxygène.

Ceci entraîne :

– une augmentation de production de glucose par le foie et l’entrée du glucose dans les cellules (apport d’énergie pour mieux réagir) associé à une vasodilatation des vaisseaux des muscles,

– une augmentation de la fréquence cardiaque, de la tension artérielle, de la ventilation pulmonaire (meilleure réactivité)

– une orientation préférentielle du sang vers le cerveau (favorise la mémorisation et les niveaux de vigilance) et les muscles  (favorise la réaction: fuite ou combat)

– une fuite de Magnésium (surconsommation d’ATP-Mg)

– des cytokines pro-inflammatoires sont mobilisées en situation de stress sous l’action de la CRH, le régulateur central des réactions hormonales au stress et de la noradrénaline.

Cette réaction permet à l’individu de faire face efficacement à la menace ou à l’agression. Si cette dernière cesse, l’organisme retrouve son équilibre : arrêt de la stimulation du système autonome sympathique, arrêt de la sécrétion d’adrénaline, arrêt des processus inflammatoires, retour à l’état antérieur sans séquelle.

L’être humain peut ainsi faire face, sans conséquence négative pour sa santé, à une succession de périodes stressantes, à condition qu’elles ne dépassent pas ses capacités, et qu’elles soient brèves et étalées dans le temps.

 2)- LA PHASE DE RESISTANCE

Mais cette phase d’alarme est trop coûteuse pour l’organisme pour pouvoir se prolonger.

Si le stress se prolonge, il va y avoir un épuisement en adrénaline, noradrénaline et magnésium.

  • Cela se manifeste au niveau du cerveau par des signes de fatigue, d’épuisement et de faim. L’action des catécholamines au niveau du cerveau s’exerce en particulier dans le noyau accumbens (site de l’éveil, de la vigilance, de l’humeur), dans l’aire frontale (site de la décision),dans l’hypothalamus avec un effet coupe-faim coupe-faim. En absence de noradrénaline, l’individu est replié sur lui-même, a une tendance dépressive, a des besoins impérieux de s’alimenter et des envies de suicide.
  • On observe une fatigue et un épuisement musculaire.
  • Dans l’intestin, lorsque la noradrénaline est libérée pendant un stress, les récepteurs α et ß agissent dans le même sens en augmentant des contractions et des sécrétions, ce qui entraine les diarrhées de l’hyper-stress accompagnées de fatigue et d’épuisement.

Parallèlement, la noradrénaline provoque la vasoconstriction des vaisseaux sanguins de l’intestin. La souffrance des enterocytes débouche sur une porosité intestinale ou syndrome de l’hyper perméabilité intestinale. On observe alors, une mauvaise assimilation des nutriments et la perte du rôle de barrière de la paroi intestinale entraine une cascade de pathologies inflammatoires.

  • La fatigue et l’épuisement cardiaque et pulmonaire se traduisent par une mauvaise oxygénation des tissus. L’ hypertension artérielle fatigue le coeur et les reins
  • La fuite du magnésium provoque fatigue, spasmes et insomnies.
  • La baisse de catécholamines agit sur l’hormone thyroïdienne (chute de la synthèse de T4)

Si l’agent stresseur est toujours présent, l’individu doit mobilise d’autres ressources pour continuer de faire face : c’est la phase de résistance

3)- LE SYNDROME GENERAL D’ADAPTATION

"The stress hormone"

« The stress hormone »

L’organisme doit :

– compenser les pertes d’énergie,

– mobiliser toutes ses ressources pour trouver un nouvel équilibre.

L’individu fait toujours face mais dans une situation de tension permanente…

L’hypothalamus secrète une hormone, la CRH (Corticotropin Releasing Hormone).

– La CRH stimule l’hypophyse, glande qui sécrète alors l’hormone adréno-corticotrope (ACTH), qui va agir sur les corticosurrénales (couches externes de la glande surrénale).

– La CRH qui entraîne également la libération des cytokines pro-inflammatoires.

Les corticosurrénales vont libérer :

– des minéralocorticoïdes (aldostérone et corticostérone) qui interviennent dans l’équilibre osmotique (conservation et répartition des ions et de l’eau dans le sang et les tissus),

– des glucocorticoïdes (cortisol, cortisone) ont une action catabolisante:

  • mobiliser les réserves d’énergie en transformant les lipides et les protides en hydrate de carbone (la glycémie va être augmentée),
  • stimuler la dégradation des protéines,

Ils ont une action antiallergique et anti-inflammatoires (phase de réparation tissulaire).

Cette sécrétion des corticoïdes est tardive, lente et continue. En situation habituelle, elle freine et apaise la réaction de stress. L’effet anti-inflammatoire du cortisol équilibre l’activation des processus inflammatoires. Les doses physiologiques de cortisol suppriment la production des cytokines pro-inflammatoires et stimulent la libération de facteurs anti-inflammatoires (Hansel, 2010).

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4)- LA PHASE D’ÉPUISEMENT

L’agression ne s’arrête pas.L’organisme ne peut plus compenser les dépenses d’énergie et ne peut plus s’adapter à ce qui lui est demandé.

  • Il y a affaiblissement du système immunitaire : moindre résistance aux infections, maladies

chroniques et libération d’un excès de radicaux libres.

  • L’activation des médiateurs de l’inflammation provoque un état inflammatoire dit «de bas grade» (low grade inflammation). En situation de stress, le cerveau lui-même est le siège d’une réponse inflammatoire: la dépression est associée à une élévation significative des cytokines pro-inflammatoires.
  • Cet état inflammatoire chronique est également responsable de pathologies multiples, fonctionnelles, organiques et psychologiques (pathologies cardiaques, certaines maladies dégénératives du système nerveux central, probablement de cancers).

Une autre conséquence capitale concerne la mémoire. L’hippocampe est en effet une structure décisive pour la mémoire (perte de raisonnement), état de burn out.

  • La baisse du taux de cortisol ou de la réponse de l’organisme au cortisol est responsable de multiples atteintes : douleurs diffuses (les cytokines pro-inflammatoires ont aussi un effet d’exaltation de la douleur), syndrome de fatigue chronique, fibromyalgie, troubles fonctionnels divers, maladies inflammatoires.

 

III-conduite nutritionnelle et micro nutritionnelle

Ces conseils diététiques et micro-nutritionnels vont compléter un indispensable travail sur la gestion du stress (psychothérapies – sport – yoga – sophrologie …)

1) Hyper perméabilité intestinale:

  • Manger à heure fixe, lentement, dans le calme, en mastiquant bien. Eviter les aliments allergisants et irritants. Bien s’hydrater entre les repas et respecter la chrono-alimentation.
  • Complémenter en L-glutamine (le nutriment des entérocytes). Apporter des probiotiques de qualité pour rééquilibrer l’écosystème intestinal et des prébiotiques pour les personnes qui supportent les fibres.
  • Quelques extraits secs de plantes ont un intérêt majeur dans la régulation de l’inflammation intestinale: la curcumine – le boswellia – la camomille – le gingembre – le romarin …
  • La chlorophylle est un cicatrisant

2) Le cortisol

Manger des œufs le matin permet de réguler la production du cholestérol hépatique, permet de synthétiser du cortisol. La phosphatidylcholine de l’œuf est excellente pour la mémoire.

La vitamine C permet de réguler le cortisolle cortisol

3) Les catécholamines

  • Manger des protéines de qualité à tous les repas pour apporter les précurseurs de la synthèse des catécholamines: la phénylalanine (acide aminé essentiel) et la tyrosine.
  • Supplémenter en phénylalanine ou tyrosine avec les cofacteurs indispensables à la synthèse des catécholamines: vitamines B, vitamine C, magnésium
  • Quelques extraits secs de plantes ont un intérêt majeur dans la régulation des catécholamines: la rhodiola – l’éleutérocoque.

4) La sérotonine,

neuromédiateur de l’humeur et la mélatonine neuromédiateur du sommeil

  • Manger des protéines de qualité à tous les repas pour apporter le précurseur de la synthèse de la sérotonine et la mélatonine: le tryptophane , un acide aminé essentiel fragile et non stocké par l’organisme.
  • Se coucher à heure régulière, dans l’obscurité, dans une chambre fraîche.
  • Se complémenter avec du Tryptophane ou du L-5HTP (Griffonia) avec les cofacteurs indispensables à la synthèse de la sérotonine et de la mélatonine: vitamines B, vitamine C, magnésium
neuromédiateur de l’humeur et la mélatonine neuromédiateur du sommeil

neuromédiateur de l’humeur et la mélatonine neuromédiateur du sommeil

5) Les radicaux libres.

  • manger des fruits et des légumes riches en polyphénols et caroténoïdes, en vitamines C et E.
  • Complémenter avec des formules qui assurent une synergie équilibrée entres les antioxydants hydrophiles et lipophiles.

6) Le magnésium

Les principales sources alimentaires de magnésium sont:

Céréales

blé – sarrasin – avoine – maïs – riz complet – pain complet

Végétaux

soja – haricot blanc – lentilles – épinard – figues – datte

Oléagineux

noix de cajou – amandes – pistache – noix – noisette

Divers

Bigorneau – poisson – crevette – certaines eaux minérales

En complémentation, il est préférable de choisir des formes organiques type sels d’acide aminé, qui sont bien absorbés par le tractus digestif.

7) Les acides gras poly insaturés (AGPI)

à longues chaînes assurent la souplesse des membranes cellulaires (meilleure qualité des récepteurs membranaires et des échanges cellulaires), régulent les inflammations chroniques, participent à l’amélioration de la vue et de la mémoire.

  • Manger régulièrement du poisson frais, cuit à la vapeur douce, issue des mers froides, de préférence le soir
  • Complémenter au repas du soir avec des capsules d’AGPI (500 mg)

 

Catherine Guiral-docteur en Pharmacie

Chargée de cours au DU de Nutraceutiques UB Dijon

Directrice scientifique Mediprospect Genève

 

 

 

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Sources:

Les travaux, publications et enseignement du Professeur Jean Robert Rapin. Professeur de pharmacologie clinique à l’Université de Médecine et de Pharmacie de Dijon. Directeur du département de recherches pharmacologiques de l’IREN (Institut de recherche européen sur la nutrition). Il a été rédacteur en chef de la revue NAFAS (Nutrition, Aliment Fonctionnel, Aliment Santé). Il est décédé le 17 janvier 2013

Articles de l’AISMT – CS 50182 –

 STRESS ET ADAPTATION Essentials of Pathophysiology – Jean Lang

 Laborit : de la cybernétique à la systémique, article du 9 juin 1995, site Le Carrefour du Futur.

 Kieffer D. Encyclopédie de revitalisation naturelle, Éditions Sully, France, 2001

Université d’Ottawa, Service de santé, Renseignements sur la santé, qu’est-ce que le stress?

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